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Les enjeux des nouveaux parcours numériques de paiement – pourquoi développer une technologie simple et accessible ?

L’inclusion financière fait partie des priorités des décideurs publics et des acteurs du secteur privé de la Côte d’Ivoire.  Le pays s’est d’ailleurs doté des moyens institutionnels en créant une agence nationale dédiée à l’inclusion financière par décret n°2018-508 du 30 mai 2018, mettant sur pied l’Agence Nationale de l’Inclusion Financière (APIF).

Une vision nationale formelle a été formulée à travers la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière 2019-2024. Cette stratégie ne saurait toutefois fonctionner si au niveau des usagers, des consommateurs, les services ne sont pas accessibles car non adaptés ou trop complexes. Cette problématique a fait l’objet d’une rencontre entre experts, à Abidjan Fintech Afterwork afin de réfléchir sur les technologies capables de faciliter l’accès aux services financiers. 

En effet, la quatrième édition du Abidjan Fintech Afterwork qui s’est déroulée le jeudi 27 mai 2021, a eu pour thématique : « Les enjeux des nouveaux parcours numériques de paiement ». Ce meet-up a réuni les acteurs majeurs de l’inclusion financière et de la Fintech en Côte d’Ivoire – en occurrence MTN Business CI, Weblogy, Ecobank-CI et VISA CI.

Répondant à la question relative au progrès de l’inclusion financière dans la zone UEMOA (60%) et en Côte d’Ivoire (77%), Paul-Harry AITHNARD, Directeur Général d’Ecobank-CI, a centré son intervention sur deux facteurs : 

  • Le taux de croissance du pays (10%) a catégoriquement doublé la richesse nationale et naturellement augmenté le pouvoir d’achat de la population. 
  • L’impact des télécoms dans l’accélération des paiements et transferts a radicalement augmenté l’accès aux services financiers surtout en zones rurales. 

Monsieur AITHNARD, se projetant dans les 10 années à venir, souligne que les télécoms, les banques et la communauté Fintech auront de grands défis communs à relever, notamment : 

  • Le développement des services de paiement les plus simples possibles. 
  • La promotion des paiements sur le téléphone au travers d’applications mobiles et des QR codes.
  • La nécessité de créer un écosystème permettant aux banques, télécoms et fintechs de travailler en synergie.

Avant de terminer ses propos, Monsieur AITHNARD a indiqué que :

« Notre défi à relever est d’ordre technologique vu que l’internet n’est économiquement pas accessible à tous. Il va falloir donc développer des moyens de paiement en utilisant la technologie la plus faible possible. Il faut admettre que dans les pays étrangers, on parle de 4G voire 5G cependant chez moi à Bondoukou, on est encore à un 1G ou 2G ou voire pas de G. C’est une réalité et nous devons en tenir compte et être capable de développer des services de paiement via l’USSD qui est la technologie la plus accessible aujourd’hui du point de vue économique ».

S’exprimant sur les défis relatifs à la digitalisation des paiements, Ismahill DIABY, Directeur Général de VISA CI, dont l’objectif est d’impulser le paiement digital de bout en bout, a fait les remarques suivantes : 

  • 95% des paiements ou transactions dans les ménages sont en liquide, donc hors ligne. 
  • Le développement des solutions ou moyens de paiement digital simples et compréhensibles vu le taux d’analphabétisme. 
  • La sécurisation des paiements digitaux pour répondre aux besoins de sécurité des consommateurs. 
  • L’accélération par l’éducation des paiements digitaux au niveau des PME et PPE qui représentent un marché non exploité.  
  • Le rôle du gouvernement en tant que catalyseur dans le développement de cartes prépayées utilisables par tous pour les différents types de paiement (G2B, B2G, G2C, C2G).

Monsieur DIABY, parlant de la disruption et les moyens de régulation des Fintechs, a affirmé que VISA essaie de réduire les risques associés aux activités des Fintechs via VISA Fintech Fast-Track. VISA, à travers cette plateforme, encadre et conseille les Fintechs en termes de développement, de sécurisation des services et de renforcement des capacités financières. 

Parlant des mutations en rapport avec le paiement digital chez MTN, Lynda AHUI, Directrice Générale de MTN MFS CI, s’est étendue sur d’autres sujets, notamment :

  • Le développement des points ou réseaux de distribution pour rendre la monnaie physique ou électronique disponible et le garder dans le circuit. 
  • Le recrutement d’abonnés et l’éducation sur le mobile money par des activations surtout dans les zones reculées. 
  • Le lancement des services de transfert transfrontalier, de microcrédits et d’assurance avec des partenaires. 
  • Le développement d’une plateforme ou une agrégation de paiement accessible aux partenaires souhaitant offrir des services aux consommateurs.  

Madame AHUI, se prononçant sur les efforts de MTN pour soutenir la croissance des Fintechs, a informé le public que MTN prépare un hub digital afin d’offrir un écosystème aux Fintech où elles pourront utiliser les données, ressources et outils disponibles pour mieux développer leurs solutions et recevoir le coaching nécessaire à leur progrès.  

Discutant des stratégies d’adoption du paiement digital par les petits commerçants, Jil-Alexandre N’DIA, Directeur Général de Weblogy, a également partagé l’avis des autres panélistes au sujet de la nécessité d’intégrer les moyens de paiement avec les banques, télécoms et Fintechs et de les rendre le plus facile et accessible possible.  

Comme mots de fin, les panélistes se sont tous accordés sur la nécessité des banques et des télécoms de jouer le rôle de porte-parole des Fintechs et de faire des plaidoyers auprès des Régulateurs. Ainsi, les Etats pourront offrir un environnement qui permet aux Fintechs de garder leur agilité, stimule leur croissance pour favoriser l’accélération de l’inclusion financière.

Il a également été conseillé aux Fintechs d’explorer les sous-secteurs de la finance autres que les paiements pour développer leur fibre commerciale. Le parcours client étant un enjeu majeur des paiements digitaux, les orateurs ont encouragé les banques, les télécoms ainsi que les Fintechs à développer des technologies pouvant encore mieux faciliter le parcours client sur les sujets de paiement et de financement.    

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